Quatrième seuil de foi : l'Église

En regardant la croix où tout était donné et plus encore, pardonné, ce qui aurait pu paraître impensable, partager la vie divine dès cette terre, devenait possible. Garder présent le Christ serait la vocation de l'Église. Mais comment garder vivant le passage de Jésus parmi nous ? Le passé pouvait-il revivre ? Comment l'éternité de Dieu peut-elle rejoindre notre humanité ?

Troisième seuil de foi : l'Évangile

Si aujourd'hui, en pleine conscience je dis : "je crois en Jésus", c'est que j'ai franchi un seuil décisif. J'ai vécu une rencontre et je vis une relation extraordinaire avec un homme d'il y a deux mille ans que je considère comme le créateur de l'univers et qui transfigure mon existence aujourd'hui ! Paradoxe ultime qui allie dans le même être l'altérité de la transcendance la plus absolue et la proximité fragile du frère le plus contemporain ! Or l'histoire de cet homme n'est pas inaccessible. Elle est bien enracinée dans celle de ce peuple de croyants qui l'a porté et dont nous avons approché le mystère en ces deux seuils déjà considérables, l'un qui affirme l'alliance d'un Dieu tout proche, l'autre qui affermit cette alliance dans le temps de l'épreuve et du silence.

Second seuil de foi : l'Exil

La nouvelle maturité dans la foi fournie par le franchissement du premier seuil comporte inévitablement le risque de l'installation. Au lieu de faire vivre, les nouveaux repères, fruits de l'expérience, peuvent devenir routine. La Torah, d'abord vécue est peu à peu écrite. Or la vie et ses changements posent des questions nouvelles. D'autant plus que pour le peuple, les dimensions du débat sont désormais internationales et que la lecture des textes fondateurs révèle d'autres enjeux. La tentation est grande de s'appuyer sur ses propres forces et de jouer le jeu de tout le monde au lieu de se fier à l'Alliance avec Dieu.

Premier seuil de foi : l'Exode, naissance de la foi biblique

La question de la foi n'est pas si rare. Même s'il y a des moments plus critiques, il peut arriver assez fréquemment de se demander : mais, en définitive, à quoi je crois ? Pas d'humanité sans cette référence ultime au récit fondateur de sa propre existence. La croissance même de l'humain repose sur cette adhésion plus ou moins consciente, plus ou moins vivante... ce qu'il répond aux questions existentielles que lui pose son enfant : qu'est-ce que la mort ? Le récit que transmet le père ou la mère à son enfant, en réponse par exemple au pourquoi de la mort, énonce une vérité fondatrice sur laquelle reposeront les autres piliers de l'existence comme autant de repères.