session-19-seuil-04-séquence-11 Ordre

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« Envoyés comme des sacrements de sa face de gloire.  »

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sq-4-11, © Mess'AJE

Thème du Shaliah :

  • 77 Le célibat de l'apôtre, quand il existe, est vécu en harmonie sacramentelle avec Jésus, c'est une forme possible du caractère à l'identique.
  • 78 Choisis, envoyés, les apôtres sont "sacrements du Christ", Verbe fait chair.
  • 80 Comme Jésus est époux de l'Église, ainsi l'apôtre. C'est le grand thème des noces de Dieu et de l'humanité, et c'est la paternité de l'apôtre.

Thème de la Parole :

  • 77 L'apôtre, à l'identique du Christ, sème la Parole du Maître: Jésus, lui-même, le Verbe fait Chair...
  • 79 C'est Dieu qui fait mûrir.

La succession apostolique et le sacrement de l'Ordre sont la manière pour le Christ de continuer sa présence dans son Église;
"Sacerdos alter Christus" n'est pas qu'une formule pieuse de l'école française, son esprit remonte aux origines.

 

Médite, creuse, interroge
   Exégèse   

 

Premier Seuil

Progressivement en Israël, les pouvoirs politique et religieux, étroitement liés, se démarquent de ce que vit Canaan. Dans ce contexte apparaît la figure du juge : il n’est pas lié à une dynastie, ni à un pouvoir établi. C’est l’Esprit d’Adonaï qui appelle, pour un temps, Déborah, Gédéon... Il fait d’eux des juges qui sauvent le peuple, départagent les litiges, rendent un culte (Jg 5-6). Des bandes de prophètes (2 R 2,15), appelés aussi voyants, jouent un rôle à la fois politique et en faveur de la foi d’Israël. Ils peuvent appartenir à Baal (1 R 18) ou à YHWH et les pratiques ne sont pas éloignées de la magie : on utilise par exemple, l'éphod. Quand les tribus ont la victoire, elles offrent un sacrifice à YHWH, mais le renoncement aux cultes cananéens prendra des siècles (2 S 2,12). Les frontières ne sont pas nettes et on cloche souvent des deux jarrets (1 R 18) en Israël. Pourtant, des caractéristiques apparaissent : ■ choisis par YHWH, de manière gratuite et souvent inattendue alors qu’ils sont faibles. ■ attitudes convocatoires et magiques doivent être rejetées (la famille de Gédéon, Saül et la sorcière... Élie contre les prophètes de Baal...).  ■ Les juges, puis les prophètes portent la foi d’Israël, ont un rôle concret de salut et s’opposent parfois au roi (Samson, Samuel, Nathan, Élisée/Élie...). Caractéristiques portées haut et fort par Moïse et Élie (Ex 3 ; 1 R 19...).

Deuxième Seuil

La royauté s’institue en dynastie ; si elle a reçu la promesse des bénédictions de Dieu (2 S 7), elle est aussi regardée comme un lieu rempli d’ambiguïtés (1 S 8). Les familles sacerdotales où l’on est prêtre de père en fils sont liées au service du culte dans les sanctuaires, puis, après la réforme de Josias, au seul Temple de Jérusalem. Selon Jg 17,7-13, la tribu de Lévi n’a pas de terre ; mise à part pour le service du culte, elle vit d'offrandes (Dt 18,1-8). Au temps de Josias, les lévites seront ministres du culte au Temple. Devant les difficultés, prêtres et rois et leurs conseillers oscillent entre la fidélité à Dieu et les compromis politiques. A côté du roi, se développe le prophétisme si original et déterminant pour la foi d’Israël (Élie, Élisée, Amos, Osée, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel...). Choisis par Dieu envers et contre les institutions, ils représentent, pour la plupart, un véritable contre-pouvoir face aux rois et aux prêtres dont ils dénoncent les compromis, les injustices et les dérobades. Chaque prophète, de manière spécifique, maintient vivante la foi d’Israël. Bien plus, chacun permet de traverser ou de surmonter l’épreuve par un approfondissement de l’Alliance et de la foi. En exil, dépourvus du Temple, les prêtres développent une théologie cultuelle à travers la circoncision, la liturgie, les sacrifices. Ils sont les garants de l’Alliance à travers la Torah et le Temple. Au retour d’Exil, ils prennent le pouvoir ; l’espérance d’un roi juste et bon, selon le cœur de Dieu, se développe au sein du peuple, car Dieu ne peut pas abandonner son peuple à la tyrannie des puissances étrangères, cf. Ps 72 (71). Le sacerdoce est traversé par des rivalités : les prêtres de Saddoc supplantent les lévites, éliminent le roi (1er Za) et marginalisent la parole prophétique. Suite aux persécutions grecques et aux compromissions de la dynastie asmonéenne, une partie des prêtres fait schisme et part au désert pour retrouver la pureté du sacerdoce dans l’attente d’un Temple pur (cf. Qumran). Pour le judaïsme, seuls Ezéchias et Josias ont été des rois dignes de gouverner le peuple, et David devient un roi de plus en plus auréolé.

Au temps de Jésus :

Pour le courant officiel, Israël est prophète et fils de prophète, peuple sacerdotal (Ex 19,6). Il n’y a pas à attendre de prophète, ni de roi ; l’ère messianique sera réalisée lorsqu’Israël pratiquera parfaitement la Torah. Les prêtres, secondés par les lévites, assurent le culte au Temple qui a un énorme prestige.

Le courant apocalyptique attend une révélation du ciel par un prophète accrédité par des signes et des miracles (ls 61,1) : toute l’Écriture annonce ce salut (Dt 18,18 : un nouveau Moïse ; Ml 3 : la venue d’Élie, ls 63 : ouverture du ciel, Dn 7 : un fils de l’homme descend du ciel... ls 66,6 : un sacerdoce. Un messie, fils de David est attendu, il redonnera au peuple sa souveraineté et sa dignité... Melchisédech (Gn 14,18), prêtre céleste qui ne se rattache à aucune lignée sacerdotale, est aussi une figure importante au sein du courant apocalyptique (cf. He 5,10). Et bien sûr Moïse et Élie, les deux "Envoyés" « alter ego » de Dieu à cause de leur grande intimité avec lui. Dieu seul peut donner un sacerdoce, un prophète et un roi selon son cœur et qui soit digne de prendre soin d’Israël... Ces attentes présentes à Qumran et dans divers groupes apocalyptiques, traversent aussi le peuple... Cf.3S Séq. Mystère de Jésus

Troisième Seuil :

  • Jésus est-il prêtre ? Il n’est pas de famille sacerdotale.
  • Jésus est-il roi ? C’est le motif de  sa condamnation.

Quatrième Seuil :

  • Qui peut être Apôtre ?
  • Qui succède aux Apôtres ?
  • Pourquoi Évêques, Prêtres, Diacres ?

[D’après GAM 4S/133-140]

Travail : Jacques Bernard / RCF
24 - Le chrétien création nouvelle (1 Th)
Pourquoi et comment Paul peut-il être considéré comme "shaliah", "apôtre" authentique ?

 

 

 

   Théo/Philo   

 

Quelques termes à éclaircir

Apôtre, apostolos en grec, shaliah en hébreu = "envoyé". Dans le judaïsme = "ambassadeur pour une mission", "tenant lieu de la personne", "alter ego". L’envoyé rend présent celui qui l’envoie. Le terme Vicaire est proche, il agit à la place d’un autre.

Évêque : épiscope = surveillant. Les évêques, successeurs des apôtres, veillent sur l’Église.

Ordre : vient d’un terme romain : ordonné à un gouvernement. L’évêque, le diacre et le prêtre sont ordonnés au gouvernement de l’Église, à l’annonce et la célébration de la Parole. Ils reçoivent une « charge » pastorale. (CEC 1537-1538)

Pasteur : appliqué traditionnellement à ceux qui portent la charge pastorale du peuple (apôtre, évêque). Ce titre renvoie à Dieu lui-même (Ps 23 ; Ez 34 ; Jn 10 et 11, He 13,20).

Prêtre : le terme vient de presbytre = "ancien", reconnu comme sage ; cf. les responsables des premières communautés chrétiennes.

Curé : vient de "curare1' : prendre soin, soigner ; celui qui prend soin d’une paroisse.

Diacre : vient de diaconie = service ou ministère.

Les ministères diaconal et presbytéral participent au ministère apostolique.

Quelques questions :

Sacerdoce des baptisés et sacerdoce ministériel : tout le corps des baptisés est sacerdotal (1 P 2,9-10), mais il est ordonnancé.

LG 10 précise la nécessité du double sacerdoce commun et ministériel (1 P. 2,4-5).  Idem, p.163 : Sacerdoce commun et sacerdoce ministériel.

Collectivement, les chrétiens sont le Corps du Christ, un Corps sacerdotal, un peuple de prêtres et dans ce Corps sacerdotal, certains sont appelés au ministère apostolique afin de manifester le sacerdoce comme tête du corps.

Tout chrétien peut être dit d’une certaine manière "alter Christus", cependant, tout chrétien n’est pas participant du charisme apostolique, ni ordonné à lui. En 2 Co 3, il est clair que si le Ressuscité peut continuer ses noces avec l’Église à travers sa Parole ou son sacrifice — le don ou le Pardon - c’est par ses apôtres. Cette mission suppose une identification personnelle au Christ et une attention permanente à toutes les Églises qui ensemble sont le visage du Christ. Il s’agit d’une mission personnelle confiée à l’apôtre par le Christ historique ou par le Christ ecclésial. [CEC/898 et 900 et 1546-1547 : La vocation des laïcs ; 901-913] Cf. Jean-Paul II Christi fideles laïci

Prêtre et pécheur : le sacrement est valide, même si le prêtre est Indigne (CEC 1584)... mais CEC 1589.

Le ministre reçoit l’Esprit du Christ, mais il n’est pas sans défaut, sans faiblesse et sans péché. (CEC 1550)

À propos du scandale des prêtres pédophiles, voir « Lumière du monde » (2010) : Benoît XVI répond à cette question. Voir aussi sa déclaration à l’Église d’Irlande en 2010. Annexe 11.2 Textes spirituels sur l’Ordre

■ Qui peut recevoir le sacrement de l’ordre ? Personne ne peut revendiquer le droit à... c’est une grâce et un appel que l’on reçoit. (CEC 1577, 1578 et 1598)
Les ministres ordonnés sont-ils élus, délégués, choisis ? (CEC 1538)
L’ordination de femmes est-elle possible ? (CEC 1577 et 1598)

■ L’autorité du pape et son rôle : rôle et charge du pape (CEC 882). Fondé sur Mt 16, primauté de Pierre (CEC 880-881).

■ Le célibat des prêtres : dans l’Église de Rome et dans les Église orientales catholiques (CEC 1579-1580 et 1599). Pour les diacres (CEC 1571).

■ Un ministre ordonné peut-il redevenir laïc ? Le caractère indélébile (CEC 1581). Mais, dans certains cas, il peut être déchargé de ses fonctions ; il peut être aussi interdit (CEC 1582).

■ Questions relatives à l’évêque : Pourquoi les apôtres ont-ils institué des successeurs ? (CEC 860). Les évêques sont-ils successeurs des apôtres ? (CEC 861). Les évêques ont- ils une place particulière dans le peuple de Dieu ? (CEC 862). Ils exercent leur charge de manière collégiale, c'est-à-dire en communion les uns avec les autres et avec l’évêque de Rome (CEC 1559). En référence au Christ, l’évêque est lié à une Église particulière, il est toujours consacré dans le célibat. L’évêque est, selon l’expression d’Ignace d’Antioche, comme l’image vivante du Père.

[D’après GAM 4S/133-140]

Parle
   Exégèse   

 

Troisième Seuil : Jésus, le nouveau Shaliah

Jésus est reconnu comme prophète : nouvel Élie, nouveau Moïse... l’Oint (messie) sur qui l’Esprit repose (ls 61,1 ; Lc 4) : il adresse une parole nouvelle à Israël en vue de la fondation d’un Israël nouveau. Ses œuvres (miracles) témoignent pour lui.

Est-il prêtre ? Il n’est pas de famille sacerdotale, pourtant, le pardon du Père et l’Alliance nouvelle qu'il apporte et célèbre par des eucharisties en tant qu’Époux, annonce un Temple non fait de main d’homme (Mc 14,58). Devant le refus, il s’offre lui-même en Pardon. Dès son vivant, Jésus a pu être perçu comme prêtre du Temple nouveau et de l'Alliance nouvelle (Jn 2,21 ; Gn 14,18 // He 7-10 ; Jn 17; 1 Jn 2,1-2.) FB/ 375. Jésus II/261 à 271

Est-il roi ? C’est le motif de sa condamnation inscrit sur la Croix : "roi des Juifs". Jésus a dû lutter contre les risques de récupération de mouvements messianiques qui souhaitaient lui voir assumer un rôle politique. Il a dérangé les chefs religieux qui voyaient leur pouvoir et l’équilibre de la nation menacés. Ce n’est qu’après Pâques, lorsque Jésus est remonté au Ciel, que ses disciples soulignent sa lignée davidique et sa royauté... Si ses disciples le confessent avec tant de ferveur, c’est qu’ils l’ont perçu à travers sa vie et son action. Cf. S3 Séq. Mystère de Jésus, FB/323

Jésus est l’Envoyé du Père par excellence. Par les signes qu’il donne, il est le nouvel Élie attendu pour des temps nouveaux, par l’enseignement nouveau qu’il donne, il est le nouveau Moïse. Lors de la Transfiguration, il se révèle même être au- dessus d’eux : l’Esprit repose sur lui, il est le Verbe/Torah de Dieu que les apôtres doivent écouter et suivre ; Moïse et Élie attestent par leur présence que c’est bien Lui ! En même temps, Jésus investit chacun des titres "prophète", "prêtre", "roi", "oint", "envoyé" de sa réalité unique et personnelle. Dès avant Pâque, les Douze sont  institués « apôtres = envoyés » Si l’unique Envoyé du Père, est Jésus (Jn 14,9; 13,20), Jésus choisit le terme "shaliah" pour désigner ses successeurs. Le ministère apostolique est donc institué par Jésus lui-même, dès avant Pâques. (CEC/858) 3S Séq. Vocations  J.Guillet, De Jésus aux Sacrements, p. 14-18

Les apôtres après Pâques : « Sacrements de sa  face de gloire.. »

CEC Article 6, 1536-1600

L’Apôtre confirme les apôtres (CEC/859)

Qui peut être apôtre ? « Qu'ils disent Jésus-Christ dans sa totalité »

Judas doit être remplacé pour former le collège des Douze représentant l’Israël nouveau (Ac1,15). Pour être apôtre, il faut connaître Jésus, depuis son baptême jusqu’à son ascension, et avoir été choisi par le collège des apôtres ; ainsi Matthias remplacera Judas. Pierre, les Douze représentent ce type d’apôtre (shaliah pétrinien). Mais Paul se dit "apôtre", alors qu’il n’a pas connu Jésus pendant sa vie terrestre. En 2 Co 3, il s’appuie sur le fait que, par la Parole proclamée, le Christ lui-même se grave sur les tables - non de pierres - mais de chair que sont les communautés chrétiennes. Parce qu’elles vivent de l’Esprit du Christ et qu’elles sont en quelque sorte engendrée par Paul, elles constituent une véritable lettre du Christ. Paul se dit « père » des Églises qu’il fonde à Corinthe et ailleurs. Il n’a pas besoin d’autre recommandation ! Cependant il se réfère toujours aux apôtres qu’il reconnaît comme les colonnes de l’Église (Ga 2 ; Ac 15). (Shaliah paulinien).

Qui succède aux apôtres ?

La naissance des ministères ordonnés et les conditions de la succession apostolique n’apparaissent pas clairement au travers des textes du NT. Il est même difficile de préciser la réalité que recouvraient exactement ces titres. Ce qui est certain, c’est que, dès le départ, des ministères ont été institués et que les apôtres demeurent la référence. À titre d’Envoyés de Jésus Christ, ils ont un statut unique dans l’Église. Les ministres apparaissent alter ego, apôtres du Christ, ce dernier étant l’unique Apôtre du Père. Cette conviction aboutira à ce que saint Irénée appelle la succession apostolique, ininterrompue jusqu’à nos jours. Peu à peu, les judéo-chrétiens délaissent le Temple pour le sacerdoce nouveau et le grand prêtre qu’ils reconnaissent dans le Christ.

Rassemblés en son nom, autour des apôtres, ne sont-ils pas l’Israël nouveau, véritable peuple sacerdotal ? Dans ce peuple sacerdotal, certains reçoivent l’imposition des mains pour rendre présent le Christ tête, le Christ prêtre.

À la mort du dernier apôtre, l’attention se porte : ■ Sur le témoignage des apôtres consignés dans les évangiles. ■ Sur les communautés « corps du Christ », dont la charge est confiée à l’ancien - presbytre - (Ac 14,23 et 1 P 5,2) à l’épiscope (1 Tm 3 et Ac 20,28), aux diacres qui, à l’origine en tout cas, s’adressent aux gens du dehors (Ac 6,1-7). ■  Sur les successeurs des apôtres, collaborateurs proches des apôtres dont l’autorité et la droiture ne font pas défaut (1 Tm 3,1s). L’apôtre reconnaît et institue les autres ministères par l’imposition des mains. L’apôtre est configuré au Christ Jésus ; il est revêtu de son sacerdoce, de son esprit prophétique et de sa royauté pour remettre les péchés, célébrer l’Eucharistie, annoncer la Parole à temps et à contretemps et gouverner l’Église à l’image de l’unique Pasteur qui a donné sa vie pour ses brebis. Pierre et Paul font référence. (LG 23). FB/ 454 à 456 Jacques Bernard le Shaliah

En la personne du Christ : (LG 11) (CEC/1535 ; CEC/1536). CEC/1544 et 1545 ; 1548-1551

Au nom de toute l’Église : CEC/1552-1553. En vue de la communion et de la mission.

Evêques, prêtres et diacres : CEC/1557 ; CEC/1558-1563 ; Diacres CEC/1569 ;1570. Cf. LG 29

[D’après GAM 4S/133-140]

 

 

   Théo/Philo   

 

L’Envoyé (shaliah)  dans les Seuils de la foi : « La  tâche de l’apôtre et sa fécondité. »

Ce retour dans les Seuils doit permettre de percevoir les racines du ministère apostolique et de le fonder dans la personne de Jésus Envoyé du Père, prêtre, prophète et roi.

Des médiateurs entre la communauté et le divin

Chaque religion, chaque société traditionnelle a un service de médiation entre les hommes et Dieu, ou les dieux, ou le divin : chamanes, sorciers, devins, médiums sont dotés de pouvoirs particuliers pour cela et, la plupart du temps, leur ministère s’exerce à travers la magie. Certains sont attachés à un lieu de culte ; ils sont alors prêtres, parfois, ils peuvent porter le titre de prophètes dans le sens de devins ou de voyants.

En Égypte, comme à Sumer, on trouve un clergé organisé...

En Canaan, les voyants vivent en confréries et souvent ont un rôle de conseiller auprès du roi... Des prêtres officient dans des sanctuaires sur des haut-lieux dédiés à Baal ou Ashéra ; des prêtresses, des prostitué(e)s sont consacrées aux cultes de fécondité (Os 4,12-14). Le roi est "fils de Dieu" et garant de la mythologie ; il doit régulièrement retrouver les forces sacrées qui assurent la victoire, la fécondité, la fertilité, la richesse...

Prêtres, prophètes et rois sont donc les détenteurs du pouvoir et les garants du système religieux, politique et social.

L’harmonie sacramentelle : «L’Époux doit s’épuiser à procréer la vie comme le Christ l’a fait. C’est là tâche virile s’il en est »

Dans la foi catholique et orthodoxe, les évêques, les prêtres et les diacres par leur ministère apostolique rendent présent sacramentellement le Christ-tête pour le corps, l’Église. Ceux qui sont ordonnés doivent manifester au plus près, de manière incarnée et visible, la personne de Jésus qui est :

■ Fils du Père et donc homme, en qui se manifeste la paternité de Dieu. ■ Tout entier consacré au Royaume et à l’Église, son Epouse, Prêtre de la nouvelle Alliance. Ainsi, l’évêque reçoit-il un anneau qui le lie à son Église, comme l’époux à son épouse. ■ Pasteur donnant sa vie pour ses brebis (He 13,20), c’est le sens de la houlette. ■ Prophète oint pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres (Is 61). L’évêque en premier lieu, le prêtre et le diacre en second lieu, participent à la personne même du Christ Jésus. Ils sont réellement le Christ Jésus, tête de l’Église pour les croyants, dans la mesure où ils sont en communion entre eux, avec le collège apostolique et avec le successeur de Pierre.

Annexe 8.8 Isaac de l’Étoile, C’est dans l’Église que Dieu pardonne

 

L’histoire du sacrement de l’Ordre : « Puisqu’il les a choisis pour partager sa vie. »

Dès le 2ème siècle, apparaissent les trois "ordres" du sacrement : l’épiscope, le presbytre et le diacre, consacrés par l’imposition des mains. Saint Ignace d'Antioche souligne l’importance de l’évêque et saint Irénée, celle de la succession apostolique. L’évêque est envoyé pour annoncer la Parole et il vit le célibat.

Au Moyen-âge, avec Grégoire VII en 1073, le célibat va devenir une condition d’accession au ministère presbytéral. Le rite consécratoire variera selon les insistances théologiques.

L’ordination des prêtres est centrée sur le « pouvoir consécratoire », le rite d’ordination se vit alors par la remise de la patène et du calice.

Au 16eme siècle, en réaction contre la réforme protestante qui insiste sur la Parole, les prêtres, peu formés, délaissent le ministère de la Parole.

Le Concile de Trente (1545-1563) remet en valeur l’importance de la Parole et la formation des prêtres.

Au 20eme siècle, Pie XII rétablit le rite ancien de l’imposition des mains.

Pour Vatican II, annoncer l’Évangile redevient la tâche première des évêques et des prêtres.

La mission de l’évêque et du collège épiscopal, en communion avec le pape, sera mieux définie et au service d’une ecclésiologie de communion, enracinée dans le mystère trinitaire.

Annexe 11.1 Histoire du sacrement de l’Ordre

[D’après GAM 4S/133-140]

Contemple
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Mais je voudrais aussi, disait l'apôtre Paul, que chacun fut comme moi père de grande Église et sans autre épousée que l'Église du Christ ; qu'il lui donne la semence de vie, la Parole du Christ. Puisqu'il les a choisis pour partager sa vie, et que, ressuscité, il les a envoyés comme des sacrements de sa face de Gloire, pour s'en aller partout où il n'a pas été, qu'ils disent Jésus-Christ dans sa totalité, du baptême à la fin quand il fut enlevé. Qu'il n'y ait point de faux levain, que la Parole soit un glaive et montre de nouveau la voie, la vérité, la vie. C'est la tâche de l'apôtre et sa fécondité. Il doit semer la graine où elle n'est pas semée. La moisson, Dieu la fera mûrir avant qu'il soit l'été. Que l'apôtre soit sans fard quoi qu'il puisse en coûter. L'époux doit s'épuiser à procréer la vie comme le Christ l'a fait. C'est là tâche virile, s'il en est.