Mess'Aje Saint-Felix janv17

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Mess’Aje Saint-Felix janvier 2017
Séquence 8 : Royaume
messaje-ouest.fr


On situe habituellement le règne de David vers 1000 av. J.-C. mais l'archéologie ne retrouve la trace
que d'un royaume très modeste et local, sans mention des rois David et Salomon. Les sources du
Moyen-Orient ne mentionnent les royaumes d'Israël au Nord et de Juda au Sud qu'au début du
IXème siècle av. J.-C. De fait, passer d'une vie tribale à un royaume important requiert plusieurs
générations. Toutefois, si David a été idéalisé par les récits bibliques, c'est qu'il a dû représenter
quelqu'un d'important pour le peuple. C'est ce que laisse penser une stèle du IXème siècle av. J.-C.,
retrouvée au Nord d'Israël.
Selon les strates les plus anciennes des récits bibliques, David serait un chef de bande, faisant
régner sa police sur les frontières du Sud et non sur un puissant royaume. Probablement d'origine
semi-nomade, il apparaît comme chef d'une bande armée constituée d'un ramassis de mécontents
(1S 22, 1-2), comme maquisard pourchassé par Saül, comme protecteur, parfois cruel, de paysanséleveurs
du Sud (1S 23; 1S 25, 1-42) et comme allié des Philistins, grands ennemis d'Israël (1S 27)
Lorsque, un siècle après la chute de Samarie, Josias revisitera l'histoire de la monarchie, et celle de
David en particulier, sa relecture théologisée idéalise la figure du roi à laquelle il s'identifie luimême
en partie ; n'est-il pas un nouveau David ? "Il suivit exactement le chemin de David, son
père, sans s'écarter ni à droite, ni à gauche." (2 R 22,2).
La grande flèche verte indique le mouvement de relecture dans laquelle une figure ancestrale,
David, est reprise par Josias, pour actualiser le dynamisme de la foi.
Source : Catherine Le Peltier, EFB, pp 115-118


La Bible dans l'histoire :
Royauté :
Institution humaine ou institution divine ? Dans la Bible, l'institution royale a une double origine.
D'un côté, l'onction d'un roi résulte du choix de Dieu: c'est YHWH qui choisit Saül (1S 9, 17) aussi
bien que David (1S 16, 1). De l'autre, elle résulte de la demande populaire, aussi bien pour Saül (1S
8, 7.22 et 12, 1) que pour David (2S, 4 et 2S 5,1). Cette double origine reflète le rituel
d'intronisation des rois, qui ait à la fois une onction sacrée et une acclamation populaire. De la
féodalité cananéenne à l'attente d'un roi messianique selon le coeur de Dieu : dans cette double
origine s'exprime avant tout une distance critique vis à vis de la monarchie. En effet, une partie du
peuple a connu l'oppression du joug des rois cananéens et c'est YHWH qui l'en a délivré ! Accepter
qu'un roi prenne la tête du peuple, n'est-ce pas risquer de retomber dans ce qu'il a connu (1S 8, 11-
17) ? Si un homme règne sur le peuple, il devra se soumettre au Seigneur ! Dans les siècles
suivants, de déception en déception, la conviction se forge que seul Dieu peut régner sur le peuple.
En même temps grandit une attente, celle d'un roi oint, d'un messie juste et humble apportant une
ère de paix et de bonheur (Is 11,1).
Source : Catherine Le Peltier, EFB, p 122


Aujourd'hui :
À l'occasion de l'Épiphanie, Dom Samuel Lauras nous livre une réflexion sur la signification des
trois offrandes faites au Christ.
Au pied de la crèche, les mages apportèrent de l'or pour celui qui vient comme roi, de l'encens pour
celui qui vient comme Seigneur, de la myrrhe pour celui qui vient comme homme. La myrrhe
servait en effet à oindre les cadavres. Le petit enfant dont nous venons de célébrer la naissance est
appelé à régner; il est Dieu et Seigneur; il est homme et devra passer, comme nous, les portes de la
mort.
Nous pouvons rapprocher ces trois offrandes des trois dons attribués au Messie : Roi, Prêtre et
Prophète, trois dons que tout chrétien reçoit le jour de son baptême. Pour être acteurs dans le monde
d aujourd'hui et fidèles à notre vocation, nous devons, par la puissance du Messie qui vient de
naître, accepter d être par Lui : roi, prêtre et prophète.
Roi Il faudra gouverner. Le monde nous a été confié. La destinée de la planète terre, des peuples qui
l'habitent, de ceux qui vivent autour de nous, est entre nos mains. Il y a de quoi faire, assumons nos
responsabilités, retroussons nos manches. Les chrétiens ont un rôle à jouer dans le monde. Un rôle
nous est confié pour assumer nos responsabilités dans les domaines spirituels et temporels.
Prêtre Que nous ayons reçu la charge du ministère ordonné ou pour accomplir notre vocation de
baptisés, nous portons une seconde responsabilité, la plus spirituelle qui soit : rendre à Dieu le culte
intérieur qui lui est agréable. Cette tâche due au Seigneur nous transforme. Bien qu'il s'agisse
souvent de revenir sans grand enthousiasme à l'office divin pour les moines, à la messe dominicale
ou quotidienne pour les chrétiens, de trouver enfin un temps suffisant pour la prière personnelle,
cette tâche nous transfigure. L'amitié rend les amis proches et semblables. Ainsi de nous, quand
nous accomplissons pour le Seigneur notre service.
Prophète Interprète de Dieu. Inévitablement, un jour vient où le prophète doit mourir. La Parole de
Dieu est déposée en lui comme un feu dévorant qui le brûle. Il est chargé d'annoncer que toutes
choses humaines devront périr pour être transformées et franchir le seuil de la vie éternelle. Parole
lumineuse mais aveuglante, d'autant plus aveuglante qu'elle est proclamée dans une obscurité plus
profonde.
L'obscurité et la lumière nous semblent appartenir à des mondes contradictoires. Pourtant, au matin
de Noël nous avons lu cette affirmation paradoxale : «La lumière luit dans les ténèbres et les
ténèbres ne l'ont pas saisie » (Jn 1, 5). Le monde de l'obscurité ne saurait empêcher la lumière de
rayonner. Le livre du prophète Isaïe annonce d'ailleurs aussi bien la naissance du Messie que les
lamentations du Serviteur souffrant, et ces paroles très fortes : « Consolez, consolez mon peuple ! »
Voulons-nous être consolés ? Voulons-nous que les désirs lumineux de nos coeurs submergent les
ombres inévitables qui nous habitent ? Recevons alors avec reconnaissance l'or qui nous est confié,
l'encens qui nous est remis, la myrrhe déposée à nos pieds.
http://fr.aleteia.org/2017/01/05/cest-parce-que-vous-avez-abandonne-le-seigneur-que-

Propositions de lecture pour la prochaine rencontre (lundi 23 janvier) :
Genèse 2