Document-Théo-Philo : Devant Jésus

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Devant Jésus
   Benoît XVI, Jésus de Nazareth, p. 126-127  

Essayons de recueillir l'essentiel de ce dialogue, afin de mieux connaître Jésus et de mieux comprendre nos frères juifs. Le point central est, me semble-t-il, très joliment montré dans une des scènes les plus impressionnantes du livre de Neusner. Ayant suivi Jésus dans son dialogue intérieur tout au long de la journée, Neusner se retire à présent avec les juifs d'une petite ville pour prier et pour étudier la Torah, pour discuter avec le rabbin de ce qu'il a entendu, toujours dans l'idée de la contemporanéité à travers les siècles. Le rabbin cite un extrait du Talmud babylonien : Rabbi Shimlaï rapporta : « Six cent treize préceptes ont été transmis à Moïse ; trois cent soixante-cinq préceptes négatifs correspondent aux jours de l'année solaire, et deux cent quarante-huit préceptes positifs correspondent aux parties du corps humain. Sur quoi David vint et en réduisit le nombre à onze... Sur quoi Isaïe vint et en réduisit le nombre à six... Sur quoi Isaïe revint une seconde fois et en ramena le nombre à deux, vint ensuite Habaquq et il les ramena à un seul, car il est dit : "Le juste vivra par sa fidélité" (Ha 2, 4). » Dans le livre de Neusner, vient immédiatement après le dialogue suivant : « Est-ce cela que Jésus le sage avait à dire ? », demande le maître. Moi : « Pas exactement, mais à peu près. » Lui : « Qu'a-t-il omis ? » Moi : « Rien. » Lui : « Qu'a-t-il ajouté alors ? » Moi : « Lui-même ». Tel est le point central de l'effroi causé par le message de Jésus aux yeux du juif croyant qu'est Neusner, et c'est aussi la raison centrale pour laquelle il refuse de suivre Jésus et reste fidèle à « l'éternel Israël » : le caractère central du je de Jésus dans son message, qui donne une nouvelle direction à toute chose. À titre de preuve de cet « ajout », Neusner cite à cet endroit ce que Jésus dit au jeune homme riche : si tu veux être parfait, viens, vends ce que tu possèdes et suis-moi (cf. Mt 19, 20). La perfection, le fait d'être saint comme Dieu est saint, tel que cela est requis par la Torah (cf. Lv 19, 2 ; 11, 44), consiste désormais à suivre Jésus.

   Ambroise : Homélie 12 sur le Ps 118  

Ouvre ta porte à celui qui vient, ouvre ton âme, élargis l’accueil de ton esprit afin qu’il découvre les richesses de la simplicité, les trésors de la paix, la douceur de la grâce. Dilate ton cœur, viens vers le soleil de la lumière éternelle qui éclaire tout homme. Sans doute la vraie lumière brille pour tous ; mais celui qui ferme ses fenêtres se privera de l’éternelle lumière. Donc le Christ lui-même est laissé dehors, si tu fermes la porte de ton esprit. Bien qu’il soit capable d’entrer, il ne veut pas s’introduire de force. Il ne veut pas contraindre ceux qui le refusent....

Ils le reçoivent ceux qui désirent la clarté d’une lumière perpétuelle que la nuit ne vient jamais interrompre. Car le soleil que nous voyons de nos yeux est supplanté par l’obscurité de la nuit ; mais le soleil de justice ne se couche jamais parce que le mal ne supplante jamais la sagesse.

Heureux donc celui à la porte duquel frappe le Christ. Notre porte, c’est la foi, qui, si elle est solide, défend toute la maison. C’est par cette porte que le Christ fait son entrée.