Documents-1.1a-Calvin Russell

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Il joue son rôle d'artiste, de comédien... Il joue !
Et pourtant il parle en "je", il parle de lui, de sa vie, de son histoire, de ses questions, de ses doutes, de ses peurs, ses erreurs...

C'est vrai ou c'est faux ? Du mythe ou de l'histoire ? Une comédie ou un témoignage ? Difficile de tricher avec un visage qui porte toute notre histoire !
Comment expliquer ces étranges résonances, dans ma propre histoire ?
Et s'il chantait tout haut ce que je me suis si souvent dit tout bas !
Et s'il mettait en lumière, s'il faisait venir à la lumière ce qui fait notre commune humanité ?

Bien sûr, il y a le contexte, l'ambiance, la musique, le groupe, les autres...
Mais il peut surtout y avoir un vis à vis, un dialogue, un coeur à coeur peut-être...
Un moment dont nous ne sortons pas indemnes.
 

Calvien Russel
Calvien Russel, © Jacques Gavard
Calvin Russell, © Jacques Gavard

 

Et, la magie du spectacle une fois terminée, je me souviens que je suis en formation et qu'on m'a justement parlé de magie !

C'était à propos du sacré, ou plutôt de ce qui y donne accès, comme une forme élémentaire qui y  prépare : le numineux.

L'expérience de ces puissances mystérieuses dont je ne sais pas bien s'il me faut m'arc bouter pour résister à leur séduction ou si je ne gagnerais pas à les utiliser pour mon propre pouvoir.

Et il faut reconnaître que les mots de Calvin Russel renvoient bien à cette expérience.

La route d'abord.

  • L'invitation au voyage, ou à l'exode...
  • le lieu de toutes les découvertes, et de tous les dangers...
  • le rêve de la rencontre ou la fuite éperdue...
  • la route sacrée du pèlerinage...
  • La bonne route, ou la perverse...

Puis le carrefour.

  • Lieu de la liberté ou du doute...
  • Lieu de l'orientation ou de la perte...
  • Lieu du bonheur du choix ou de l'angoisse du choix.

Et si ces images fonctionnent comme des paraboles, alors les échos deviennent lumineux !

La route, c'est l'histoire, celle de l'humanité, celle du peuple de Dieu, mon histoire !

Il y a certes les moments où je piétine, où je tourne en rond, où je me perds, où je reviens en arrière... Mais je sais bien aussi que la roue tourne, celle du temps et que sa marche est irréversible...

Et pour sortir des cycles infernaux, routiniers, il faut un cap, un orient, un sens...

Et à la différence des autres peuples et des autres religions, le peuple de la Bible inaugure une route originale qui ne boucle plus sur elle-même, mais qui est orientée, qui se déploie entre un début et une fin. Et même si ça prendra du temps pour éclairer ce mystère, plus rien n'est comme avant.

Bien sûr, à l'époque dont nous parlons, le visage de celui qui donne sens à l'histoire est encore incertain. On essaie le taureau pour en avoir une image, ou le soleil... De même pour le nom : Baal, El, Yhwh ...

Ce qui est certain c'est que, quel qu'il soit, il s'est invité dans notre histoire et que plus rien ne sera pareil.

Quant à l'image du carrefour, elle évoque bien sûr le seuil. Le carrefour, c'est l'heure des choix.

Il y a les choix de détails, plus ou moins risqués. Et il y a les choix cruciaux dans lesquels on engage toute son existence.

Choisir de faire route avec quelqu'un ne se vit pas de la même manière selon que c'est pour quelques kilomètres ou pour la vie entière !

Tous ceux qui se sont reconnus dans le chant de Déborah et qui l'ont entonné avec elle, l'ont gardé précieusement dans leur mémoire et transmis de génération en génération avant même de pouvoir le mettre par écrit car l'écriture n'existait pas encore, pas même chez les princes de ce monde.

Seuls pourront véritablement commencer à le comprendre ceux qui comme eux accepteront de faire un bout de route avec cet inconnu et de lui donner leur confiance. Un peu comme on le fait quand on est amoureux.

Calvin Russel
Calvin Russel, © Jacques Gavard
Calvin Russell, © Jacques Gavard

 

Calvin Russell :  Je me suis retrouvé dans un hôtel perdu quelque part dans l’ouest du Texas, seul dans ma chambre parce que ma femme était restée à Austin, et j’entendais un train de marchandises passer, tu sais un de ces longs trains qui semblent interminables quand tu les vois passer,… comme celui dont me parlait un mec qui était en prison avec moi, un de ces trains de marchandises qui partait chaque nuit, à minuit, pour le Colorado, un de ces trains que tu dois prendre pour aller plus à l’Ouest encore, un de ces trains que tu entends quand tu es en cellule et dont les bruits te font garder l’espoir de sortir et de partir, partir,….

Frankie Rocky Pfeiffer: Allons-y alors, et direct : maintenant que tu es marié, ne regrettes-tu pas tes ex-fiancées,…comme la drogue, l’alcool, la prison ?
CR : (grand éclat de rire) J’aime bien le nom que tu leur donnes. Mes fiancées ? Oh oui que j’étais fiancé,… et bien, même ! Mais je suis marié, maintenant, et pas avec l’une d’elles…. Et c’est bien pour moi !

BM : Qu’est-ce que tes fiancées t’ont apporté comme expériences de la vie ?
CR : C’étaient des expériences, de vraies expériences de vie, mais c’est le genre de fiancées que je déconseillerais aux gens de fréquenter car avec elles tu n’es plus le même, tu n’es plus vraiment toi, et quand tu n’es plus toi-même ce n’est pas bon. La plus belle expérience, vois-tu, c’est de rencontrer la femme avec laquelle tu peux partager chaque heure que tu vis, chaque moment banal de la vie quotidienne et qui devient beau tout simplement parce qu’une femme le partage avec toi et te sourit. C’est ce que j’essaye de dire dans ‘When you smile’.

BM : Pourquoi t’être marié ? N’est-ce pas rentrer dans un moule social ? Un moule social que tu ne semblais pas vraiment apprécier…
CR : Oui et non. Se marier c’est effectivement rentrer dans une sorte de moule social, c’est vrai, mais c’est aussi prouver à celle qui partage ta vie que tu tiens à elle,… et que tu es fier de l’affirmer socialemnt à tous les autres. D’un côté il y a des règles sociales, contraignantes pour certaines et dont je me passerais volontiers, mais de l’autre il y a ce que tu as envie de vivre comme bonheur partagé, et entre les deux j’ai choisi, et je me suis marié.

BM : Pourtant tu étais plutôt du style révolté, non ?
CR : Oui, tout comme j’ai fait des choses qui m’ont coûté la prison, mais avec le temps qui passe on s’aperçoit finalement que ces choses-là ne sont pas les bons choix à faire. J’ai fait des choix et j’en ai assumé les conséquences,…

Source : Paris-Move
Photos : Jacques Gavard

Vidéo

 

 

 

" Je suis un outlaw, une personne sympathique mais rebelle. Je suis contre beaucoup de choses ayant cours dans notre société et que certains veulent imposer comme une vie quotidienne. Quand on veut te forcer la main, il y a une voix en toi qui résiste et qui dit " peut-être, si je veux ". Oui, j'ai toujours été rebelle, parce que je crois en ce qui est bon et juste et refuse d'en douter. Je suis notamment contre l'oppression des petits gens des classes modestes "
Plus tard, bien plus tard, nous entendrons le Deutéronome au chapitre 30 verset 15 et suivants. "Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur...
Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance."